Se perdre est une façon dangereuse de se trouver.

Clarisse Lispector
PARADIS © 2018 Bruno DALIMONTE artwork
PARADIS, Fontaine-l’Évèque jan. 2019

Un demi-tour pour reprendre la voie principale aurait suffit pour rejoindre la routine mais Il y avait ce paysage à slogan, cet appel au désir du mieux ou peut-être était-ce un traquenard. Quelque chose de viscéral me dit : « Heu, pas envie de rester là, barre-toi! ».  J’étais en retard de toute façon et le smartphone n’aurait pas pu rendre cette impression. Alors j’ai quitté le PARADIS. Sur le retour, l’image persiste et me demande si je n’ai pas percuté un arbre en frontal ou si mon âme perturbée n’est pas entrain de se réconcilier avec l’au-delà. Ce n’était rien qu’un détour puisque je vous écris en ce moment. Et puis, le temps à passé et un jour, par un froid de pingouin, presque un an après, je programme un retour à PARADIS : cette station de métro improbable que l’on ne peut admirer que quand il pleut juste à l’heure bleue. Pour qui aime les histoires,  je me dis qu’à PARADIS, au point tel qu’un escalator vous accueille pour la dernière montée, il n’y a plus tellement d’espoir et qu’on a déjà fait pas mal de chemin. Je pense à présent qu’il est vraiment temps de se barrer car j’ai rencontré un signe et  maintenant, le temps est compté!

Bruno D’ALIMONTE  2017/12

Photographie issue du SEPIA IMAGINARIUM – édition limitée à 30 exemplaires