Novembre, 2017, dans un bus en provenance d’Héraklion, le regard songeur, le paysage défile tandis que je pense à mes parents perdus et à la rénovation de nôtre maison. Durant un bref instant « L’AMOUR » en capital inscrit sur la façade d’un immeuble à l’agonie apparaît et agit sur moi comme une sorte de révélation.

Le lendemain, muni de mon objectif-jouet ancré à l’appareil photo, je décide d’immortaliser parfaitement la scène révélée la veille. Il me faut cette image.
Je marche dans les environs dans une ambiance touristique de fin de saison mais aucun signe de l’Amour ne se manifeste dans les parages.

Je pris aussi d’autres bus sans guère de chance. Même le dernier jour de mon séjour, j’entrepris une marche de trois heures sans davantage de résultat, j’arrivai alors à cette conclusion : peut-être que ce n’était qu’un rêve ou une nouvelle illusion créée par le Démiurge qui avait envie de se jouer de moi.

L’histoire aurait pu s’arrêter sans image, mais comme vous pouvez le voir, L’AMOUR existe, vraiment! Et vous savez quoi? L’immeuble était juste à deux pas de l’hôtel. Au final, l’image fût prise depuis la fenêtre du bus qui me ramena à l’aéroport d’Héraklion, mon dernier souvenir de Crète. La boucle est bouclée.

L'Amour © 2017 Bruno DALIMONTE

L’AMOUR © 2017 Bruno DALIMONTE

On pourrait conclure à une conte de fées induisant que l’Amour est plus près qu’on ne le pense… Cette vision simpliste me parait fort éloignée de nôtre réalité cynique, aussi je préfère évoluer dans une dialectique plus profonde en adéquation à mon humeur indécise

Comme souvent, je ne fît pas l’image parfaite que j’avais souhaité au début mais reste fasciné par l’improvisation spontanée. Et vous savez quoi? Cela me rend heureux de me dire que la chance passe parfois à deux reprises.

À mes yeux, l’immeuble abîmé me correspond (peut-être vous aussi) vieillissant. Lire l’AMOUR sur un mur est un mantra; il ne nous aide pas mais nous rappelle que nous avons aimé et été aimé… Et une photographie n’est autre qu’un outil mémoriel.

Nous savons ce qui nous reste à faire.

 

Bruno D’ALIMONTE
Pour une profusion d’Amour et de Photographie 2018